• LES DEUX GRAINES

     

    Deux graines reposaient l'une à côté de l'autre dans une terre fertile au printemps.

    La première graine dit :

    "Je veux grandir ! Je veux plonger mes racines profondément dans la terre et lancer ma tige haut dans les airs... Je veux voir mes bourgeons s'ouvrir comme des drapeaux annonçant l'arrivée du printemps... Je veux sentir le soleil réchauffer mon visage et la rosée matinale bénir mes pétales ! "

    Et elle grandit !

     

    La deuxième graine dit :

    "J'ai peur. Si je plonge mes racines dans la terre, je ne sais pas ce qui m'attend dans cette obscurité. Ma tige est fragile, si j'essaie de percer la croute de terre pour m'élever dans les airs, elle risque de se briser. Et si, à peine entrouverts, un ver venait à manger mes bourgeons ? Et si je montrais ma fleur, qui sait ? Un enfant pourrait m'arracher de la terre. Non, il vaut beaucoup mieux attendre pour sortir qu'il n'y ait plus aucun danger."

    Et elle attendit !

    Un oiseau qui passait par là, fouillant la terre en quête de nourriture, trouva la graine qui attendait et vite la dévora.

    Moralité Ceux qui ne veulent pas prendre le risque de grandir se font avaler par la vie.

    Patty Hansen

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  • Les deux Jardiniers

    Deux frères jardiniers avaient par héritage
    Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;
    Liés d'une étroite amitié,
    Ensemble ils faisaient leur ménage.
    L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,
    Se croyait un très grand docteur ;
    Et Monsieur Jean passait sa vie
    A lire l'almanach, à regarder le temps
    Et la girouette et les vents.
    Bientôt, donnant l'essor à son rare génie,
    Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul
    Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;
    Pourquoi la graine du tilleul,
    Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite
    Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;
    Enfin par quel secret mystère
    Cette fève qu'on sème au hasard sur la terre
    Sait se retourner dans son sein,
    Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.
    Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige
    De ne point pénétrer ces importants secrets,
    Il n'arrose point son marais ;
    Ses épinards et sa laitue
    Sèchent sur pied ; le vent du nord lui tue
    Ses figuiers qu'il ne couvre pas.
    Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ;
    Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,
    N'a que son frère pour ressource.
    Celui-ci, dès le grand matin,
    Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,
    Bêchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille.
    Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir,
    Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.
    Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;
    Il avait des écus, des fruits et du plaisir.
    Ce fut lui qui nourrit son frère ;
    Et quand Monsieur Jean tout surpris
    S'en vint lui demander comment il savait faire :
    Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :
    Je travaille, et tu réfléchis ;
    Lequel rapporte davantage ?
    Tu te tourmentes, je jouis ;
    Qui de nous deux est le plus sage ?

    Jean-Pierre Claris de Florian.

     

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  • L'enfant et le dattier

     

    Non loin des rochers de l'Atlas,
    Au milieu des déserts où cent tribus errantes
    Promènent au hasard leurs chameaux et leurs tentes,
    Un jour, certain enfant précipitait ses pas.
    C'était le jeune fils de quelque musulmane
    Qui s'en allait en caravane.
    Quand sa mère dormait, il courait le pays.
    Dans un ravin profond, loin de l'aride plaine,
    Notre enfant trouve une fontaine,
    Auprès, un beau dattier tout couvert de ses fruits.
    Oh ! quel bonheur ! dit-il, ces dattes, cette eau claire,
    M'appartiennent ; sans moi, dans ce lieu solitaire,
    Ces trésors cachés, inconnus,
    Demeuraient à jamais perdus.
    Je les ai découverts, ils sont ma récompense.
    Parlant ainsi, l'enfant vers le dattier s'élance,
    Et jusqu'à son sommet tâche de se hisser.
    L'entreprise était périlleuse :
    L'écorce, tantôt lisse et tantôt raboteuse,
    Lui déchirait les mains, ou les faisait glisser :
    Deux fois il retomba : mais d'une ardeur nouvelle
    Il recommence de plus belle,
    Et parvient enfin, haletant,
    A ces fruits qu'il désirait tant.
    Il se jette alors sur les dattes.
    Se tenant d'une main, de l'autre fourrageant.
    Et mangeant,
    Sans choisir les plus délicates.
    Tout à coup voilà notre enfant
    Qui réfléchit et qui descend.
    Il court chercher sa bonne mère,
    Prend avec lui son jeune frère,
    Les conduit au dattier. Le cadet incliné,
    S'appuyant au tronc qu'il embrasse,
    Présente son dos à l'aîné ;
    L'autre y monte, et de cette place,
    Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger,
    Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse,
    Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger :
    La récolte achevée, et la nappe étant mise,
    Les deux frères tranquillement,
    Souriant à leur mère au milieu d'eux assise,
    Viennent au bord de l'eau faire un repas charmant.

    De la société ceci nous peint l'image :
    Je ne connais de biens que ceux que l'on partage.
    Coeurs dignes de sentir le prix de l'amitié,
    Retenez cet ancien adage :
    Le tout ne vaut pas la moitié.

     

    Jean-Pierre Claris de Florian.

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  • Défi

     

    En Orient, on raconte cette histoire : un méchant homme déposa une lourde pierre au faîte d’un palmier, ce qui obligea l’arbre à plonger ses racines plus profondément dans la terre. Mais quand l’homme revint, une année s’étant écroulée, le palmier dominait tous ses congénères.

    Il en va de même avec la gratitude. Elle transforme en défi ce que d’autres me font subir, et elle m’aide à grandir, y compris dans les périodes douloureuses de ma vie, à ancrer plus profondément mes racines. Elle me donne la force de chercher appui, non pas sur des éloges ou des reproches que je pourrais recevoir, mais, en dernière instance, sur Dieu. »

     

    Extraits du livre «  Le petit livre de la vie réussie »

    D’Anselm Grün

     

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  • L’enfant et les noix

     

    Il est un vieux conte qui montre que lâcher prise et profiter des bonnes choses ne sont pas du tout contradictoires.

    Un petit enfant rencontre un vieux moine. Avisant un bocal rempli de noix sur la table de celui-ci, l’enfant y plonge la main et s’empare d’une poignée de noix. Mais sa main pleine ne peut plus ressortir du bocal. Le vieux moine lui dit alors : « Si tu en laisses tomber quelques unes, tu pourras profiter des autres. »

    Cette histoire, qui est issue de la sagesse bouddhiste, est racontée également par les Pères du désert. Elle montre donc, par-delà les cultures, la clé de la vie réussie, une clé que nous pouvons tous emprunter pour parvenir au bonheur : je ne puis profiter que de ce que je suis prêt à lâcher. »

     

     

    Extraits du livre «  Le petit livre de la vie réussie »

    D’Anselm Grün

     

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  • Un sage prit la parole et dit : « Un vieux roi vient de mourir. Son fils unique monte sur le trône pour lui succéder. Conscient de son ignorance, il convoque les hommes les plus savants du royaume. Il leur demande de voyager à travers le monde pour rapporter toute la science et toute la sagesse connues à cette époque. Ils reviennent seize ans plus tard chargés de livres de toutes langues. Le roi réalise qu'une seule vie ne pourrait lui suffire pour tout lire, tout apprendre, tout comprendre. Il demande donc aux érudits de lire ces livres à sa place, puis d'en tirer l'essentiel et de rédiger pour chaque science un ouvrage accessible.

    Seize années passent encore avant que les savants constituent pour le roi une bibliothèque faite des seuls résumés de toute la science et de toute la sagesse humaine. Le roi devenu vieux comprend qu'il n'aura pas le temps de lire et d'intégrer tous ces ouvrages. Il prie donc les savants d'écrire un article par science, en allant à l'essentiel. Huit années passent. Fatigué et malade, le roi demande à chacun de résumer rapidement son article en une phrase. Quatre aimées furent encore nécessaires pour cette tâche.

    A la fin, un seul livre est écrit qui contient une seule phrase sur chacune des sciences et des sagesses du monde. Au vieux conseiller qui lui apporte l'ouvrage, le roi mourant murmure : "Donne-moi une seule phrase qui résume tout ce savoir, toute cette sagesse. Juste une seule phrase avant que je ne meure !

    — Sire, dit le conseiller, toute la sagesse du monde tient en deux mots : « Vivre l'instant." »

     

    (Extrait du livre « L’Âme du monde » de Frédéric Lenoir)

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  • La patience

    Un jeune lettré venait d'être reçu au concours de mandarin. Avant de rejoindre sa première affectation officielle, il organisa une fête avec ses condisciples pour célébrer l'événement. Au cours de la soirée, l'un de ses amis, qui était déjà en poste depuis quelque temps, lui donna ce conseil :

    — Surtout, n'oublie pas : la plus grande vertu du mandarin, c'est la patience.

    Le fonctionnaire novice salua respectueusement son aîné et le remercia chaleureusement pour cette précieuse recommandation.

    Un mois plus tard, au cours d'un banquet, le même ami lui préconisa encore de bien s'appliquer à la patience. Notre jeune lettré le remercia avec un sourire amusé.

    Le mois suivant, ils se croisèrent dans les couloirs feutrés d'un ministère. L'aîné attrapa la manche du cadet, le tira vers lui et lui souffla dans l'oreille son sempiternel conseil. L'autre, contrairement à l'étiquette ouatée qui était de rigueur dans les bâtiments officiels, retira brusquement sa manche de soie et s'écria :

    — Tu me prends pour un imbécile ou quoi ? Voilà trois fois que tu me répètes la même chose !

    Pendant qu'un cortège de dignitaires outrés se retournait, le mentor déclara :

    — Tu vois, j'ai bien raison de le répéter. Mon conseil n'est pas si facile à mettre en pratique !

    (Contes des sages taoïstes, Pascal Fauliot. Seuil (p. 125-126).

     

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  • L'histoire du pot de mayonnaise jusqu'au café.

    Quand il te semble qu'il y a « trop » de choses dans ta vie, quand 24 heures ne te semblent pas suffisantes, rappelle-toi du pot de mayonnaise et du café.


    Il était une fois un professeur de philosophie qui, devant sa classe, prit un grand pot de mayonnaise vide et sans dire un mot, commença à le remplir avec des balles de golf... Ensuite, il demanda a ses élèves si le pot était plein. Les étudiants étaient d'accord pour dire que OUI.
    Puis le professeur prit une boîte pleine de billes et la versa dans le pot de mayonnaise...
    Les billes comblèrent les espaces vides entre les balles de golf. Le prof redemanda aux étudiants si le pot était plein. Ils dirent à nouveau OUI.
    Après, le professeur pris un sachet rempli de sable et le versa dans le pot de mayonnaise... Bien sûr, le sable remplit tous les espaces vides et le prof demanda à nouveau si le pot était plein. Les étudiants répondirent unanimement OUI.
    Tout de suite après le prof ajouta deux tasses de café dans le contenu du pot de mayonnaise et effectivement le café combla les espaces entre les grains de sable. Les étudiants se sont alors mis à rire.
    Quand ils eurent fini, le prof dit :
    Je veux que vous réalisiez que le pot de mayonnaise représente la vie.
    Les balles de golf sont les choses importantes comme la famille, les enfants, la santé, tout ce qui passionne. Nos vies seraient quand même pleines si on perdait tout le reste et qu'il ne nous restait qu'elles.
    Les billes sont les autres choses qui comptent comme le travail, la maison, la voiture, etc...
    Le sable représente tout le reste, les petites choses de la vie… Si on avait versé le sable en premier, il n'y aurait eu de place pour rien d'autre, ni les billes ni les balles de golf…
    C'est la même chose dans la vie. Si on dépense toute notre énergie et tout notre temps pour les petites choses, nous n'aurons jamais de place pour les choses vraiment importantes.
    Faites attention aux choses qui sont cruciales pour votre bonheur.
    Jouez avec vos enfants (ou petits enfants !!), prenez le temps d'aller chez le médecin, dîner avec son conjoint, faire du sport ou pratiquer ses loisirs favoris. Il restera toujours du temps pour faire le ménage, réparer le robinet de la cuisine
    Occupez-vous des balles de golf en premier, des choses qui importent vraiment.
    Établissez des priorités, le reste n'est que du sable...
    Un des étudiants leva alors la main et demanda ce que représente le café..
    Le professeur sourit et dit :
    C'est bien que tu demandes. C'était juste pour vous démontrer que même si vos vies peuvent paraître bien remplies, il y aura toujours de la place pour une tasse de café avec un ami.

     

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  •  

    Il était une fois une petite crotte, une toute petite crotte au pied d’un petit pommier sauvage planté en bordure d’un bosquet sur le coteau pentu d’une petite rivière. Sur le petit pommier, une seule petite pomme. Tous les jours, la petite crotte lui disait, dans cette petite vallée au silence assourdissant :

    « S’il te plait petite pomme, joue un peu avec moi. Le temps passerait plus vite si on se racontait des blagues et des devinettes toutes les deux... »

    Mais la petite pomme regardait la petite crotte de très haut ou plutôt ne daignait ni lui répondre ni la regarder... Un jour pourtant la petite pomme fut si mûre qu'elle se détachât de l'arbrisseau et tomba juste à côté de la petite crotte. Aussitôt, celle-ci renouvela sa proposition : « S'il te plaît, joue un peu avec moi, maintenant que nous sommes côte à côte. Le temps passerait plus vite. Pourquoi ne deviendrions-nous pas amies ? » Mais la petite pomme pourtant arrivée à maturité continuait de bouder et tourner le dos à la petite crotte... Et le silence durait... Cependant l'automne avançait. Un paysan, qui habitait sur le plateau juste au-dessus de cette petite vallée verdoyante, avait fait manger à son troupeau de chèvres toutes les prairies qui étaient autour de sa ferme. Un après-midi, pour permettre à ses protégées de brouter de l'herbe bien verte, il les descendit en direction du ruisseau. On le sait, les chèvres aiment gambader et sont très curieuses de nature... L'une d'elles, encore plus fouineuse que les autres, découvrit la petite pomme au pied du petit pommier. Elle écarquilla les yeux de plaisir, saliva avec gourmandise et d'un coup de langue envoya la petite pomme au fond de son gosier puis de son estomac. Juste au moment où la petite pomme franchit les portes du palais de la chevrette, la petite crotte qui, dans les yeux de l'animal, avait tout compris de ses intentions de prendre un bon goûter, dit à la petite pomme d'un air malicieux et un peu vengeur à vrai dire :

     « À tout à l'heure ! »

    (Extrait du livre "Parabole d'un curé de campagne.)

     

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  • L’histoire se passe au Tibet. Deux frères élèvent des yacks ; l'ambition de l'un d'eux est d'en avoir toujours plus, aussi les accumule-t-il, tandis que l'autre n'en possède qu'un, qui lui suffît. Un jour, les deux frères se rencontrent et celui qui a un grand troupeau dit à l'autre : 

    « Mon rêve est d'avoir cent yacks ; je n'en ai que quatre-vingt-dix-neuf, peux-tu me donner le tien ?

      — Mais bien sûr, répond son frère, prends-le !

    Je me rappelle avoir été un peu choqué par cette histoire la première fois que je l'ai entendue. Je trouvais cela injuste, alors que le lama tibétain tentait de me faire comprendre que le malheureux n'était pas celui que l'on croyait : le malheureux est celui qui a besoin de cent yacks, car lorsqu'il en aura cent, il en voudra cent un, puis cent deux... Il est toujours dans la souffrance, tandis que l'autre est toujours dans le don, libre de donner le peu qu'il a. Lui est riche !

    (Jean Yves Leloup)

     

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